Le cyberespace peut devenir un véritable champ de bataille

Le ministère de la défense de l'Union européenne a organisé une conférence sur la sécurité du cyberespace.

Lors de cette conférence qui a été ouverte par le ministre de la défense de l'Union européenne Csaba Hende, les participants ont passé en revue les réponses que la communauté internationale pouvait apporter à la transformation du cyberespace en véritable champ de bataille. Il y a dix ou vingt ans, les abus dans le cyberespace se limitaient uniquement aux infractions (vol de données, infractions à la propriété intellectuelle, etc.), mais l'internet est depuis lors devenu un véritable champ de bataille. Le bon fonctionnement des systèmes informatiques civils et militaires et la sécurité des informations stockées, c'est à dire la cyber-sécurité, sont aujourd'hui devenus une question de sécurité nationale.

Il n'existe pourtant pas encore de législation suffisante ni de code de conduite sur l'internet qui soit largement admis. De nombreux participants à la conférence de la présidence du 2 mai se sont accordés sur le fait que seule une coopération internationale de grande ampleur pourrait permettre d'améliorer la sécurité des réseaux informatiques, le défi étant lui-même global et ne connaissant pas de frontières nationales. Nombreux sont aussi ceux qui ont estimé qu'il serait très important que l'UE et l'Otan coopèrent en matière de sécurité informatique.

Csaba Hende a insisté, dans son allocution introductive, sur le fait que les sociétés étaient d'aujourd'hui de plus en plus dépendantes des technologies modernes, d'autant que les progrès techniques pouvaient également être utilisés dans un but malveillant, donc négatif. Il estime qu'il faut accorder une attention particulière à la question de la cyber-sécurité.

Le ministre a fait valoir que de telles attaques pouvaient provoquer de sérieux dommages, dont les conséquences pouvaient affecter l'approvisionnement énergétique, les ressources en eau, les réseaux de transport, les acteurs des secteurs bancaire et financier ainsi que le secteur des communications, ces attaques émanant de réseaux informatiques pouvant avoir des conséquences matérielles. M. Hende a souligné qu'une telle attaque pouvait viser l'accès à des données ou à des informations relatives à des systèmes d'armement et des dispositifs militaires de la plus haute importance, leur défense s'avérant donc tout aussi essentielle.

Le ministre a évoqué la nécessité de reconnaître que le cyberespace était un champ de bataille, tout comme la terre, l'eau ou l'air. Il a cité plusieurs exemples concrets de ces dernières années, tels que la cyberattaque coordonnée contre l'Estonie il y a quatre ans et les attaques contre les portails du gouvernement géorgien lors de la guerre russo-géorgienne de 2008. Csaba Hende a estimé que, pour nous puissions nous défendre efficacement contre de telles menaces, il était besoin de se doter des innovations techniques suffisantes et de professionnels qualifiés, mais également d'une coopération globale.

 

Le ministre a appelé à un échange de connaissances et d'expériences au sein de l'Union tout comme dans le cadre des relations transatlantiques. D'après lui, il est nécessaire de prendre des mesures pour pouvoir prévenir, détecter et éliminer les cyberattaques, comme le prévoit, du reste, le concept stratégique de l'Otan récemment adopté. Il a souligné que Gábor Iklódy avait été choisi par la Hongrie pour occuper, au sein du haut commandement de l'alliance atlantique, le poste de secrétaire général adjoint du département en charge des nouveaux défis de sécurité, notamment dans le cyberspace.

 

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