Paiement électronique: en vogue, mais attention!

Utiliser son ordinateur ou même son téléphone portable pour effectuer ses paiements permet de réaliser des économies substantielles. Il faut pourtant prendre quelques précautions d’usage pour ne pas se faire escroquer.
Depuis l’apparition d’Internet comme moyen de paiement, l’utilisation de l’e-banking s’est vulgarisé au fil des années. Toutes les banques s’y sont mises et La Poste a emboîté le pas, en Suisse comme à l’étranger. Dans notre pays, l’UBS reconnaît que 390 000 clients utilisent régulièrement ce mode de paiement et de transfert d’argent alors que La Poste en comptabilise 600 000.

Indispensables précautions d’usage
L’utilisation d’un ordinateur et d’Internet pour effectuer ses paiements nécessite pourtant de prendre quelques précautions préalables. Tous les instituts offrant ce genre de prestations indiquent en effet clairement dans leurs conditions générales que le client est responsable des failles de sécurité qui peuvent exister au niveau de son équipement. Ils recommandent tous d’installer un anti-virus et de le mettre à jour régulièrement. Il est en particulier fortement recommandé d’utiliser la plus récente version d’anti-virus (en l’occurrence Norton Antivirus 2005 pour le plus connu d’entre eux) et de ne pas télécharger simplement les dernières définitions de virus. Cette dernière version comporte en effet un nouveau moteur de détection qui est nettement plus efficace que la version précédente. Une simple mise à jour de ce logiciel ne corrige en effet pas les lacunes de Windows XP en matière de sécurité contre les intrusions de virus.
Les utilisateurs de Windows XP doivent en outre absolument télécharger la dernière mise à jour (SP2) pour remédier aux failles de sécurité de ce système d’exploitation. Pour savoir si cette rustine («patch») équipe son ordinateur, il suffit de cliquer sur l’onglet d’aide (caractérisé par un point d’interrogation) situé tout à droite de la barre de Windows et d’aller sur la ligne «A propos de Windows» pour s’en assurer. Certains utilisateurs déconseillaient d’effectuer cette mise à jour qui aurait pu bloquer certains programmes ou périphériques anciens. Le risque ne semble pourtant pas très élevé si l’on prend soin de travailler avec des logiciels et périphériques récents. Par ailleurs, on trouve en général sur Internet tous les pilotes de périphériques qui ne seraient pas supportés en standard par Windows XP, même s’ils datent quelque peu.

Verrouiller les transmissions
Tous les instituts financiers et sites qui font de la vente en ligne travaillent dans un environnement sécurisé. Les communications qui transitent sur le réseau sont ainsi cryptées, ce qui empêche un intrus branché sur votre ligne de lire les signaux. Les sites sécurisés se distinguent par le fait que l’adresse Internet est précédée des cinq lettres https au lieu des quatre http usuelles. De plus, un petit cadenas apparaît dans la fenêtre, le plus souvent en bas de page. Il est impératif de s’assurer que cette protection est activée avant d’entrer vos données personnelles.
Question sécurité, il faut aussi bien veiller à ne jamais donner son code sur Internet. Le phénomène du phishing (voir Context n°3/2005) est en effet en plein essor. Rappelons qu’il est l’oeuvre de pirates qui, en vous envoyant un message électronique, vous incitent à vous connecter au prétendu site d’une banque, en réalité un site fantôme. Vous êtes alors invité à décliner votre identité (code d’accès), pour soi-disant contrôler ou mettre à jour votre programme d’accès, ou pour vous proposer de changer de code parce que vous auriez été attaqué par des …pirates. Ne réagissez jamais à ce genre de sollicitations!

Différents tarifs, différents services
Les tarifs des services en ligne varient sensiblement d’une banque ou institut financier à l’autre. Dans certains établissements, ils peuvent être totalement gratuits pour leurs clients. D’autres exigent que les comptes des clients utilisateurs soient suffisamment alimentés. C’est le cas de l’UBS qui demande d’avoir 10 000 francs sur son compte, et de PostFinance qui exige de disposer d’un solde de 7500 francs pour bénéficier de ce service gratuitement.
Quoi qu’il en soit, on constate un engouement très marqué pour l’e-banking, avec des croissances à deux chiffres dans la plupart des établissements. Son succès dépend naturellement du moment où le service a été lancé et de la moyenne d’âge des clients. Dans l’ensemble, les systèmes sont bien rôdés et relativement faciles à utiliser. Et si le risque de se faire dérober de l’argent à travers le réseau Internet n’est pas nul, les cas déclarés sont encore assez limités. Il est vrai que les banques suisses ont pris des mesures qui s’avèrent assez efficaces. Dans tous les cas, le risque sera moindre à rester tranquillement assis derrière son ordinateur - bien sécurisé - pour effectuer ses paiements qu’à se balader en ville avec une liasse de billets dans la poche.

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